Les gens du rail racontent leur travail

Pendant deux mois, la coopérative DireLeTravail va publier tous les jours, sur son site et sur Médiapart, un récit de travail de cheminots. Je participe à cette initiative, à la fois pour collecter des narrations de travailleurs du rail et pour les mettre en récit, mais au-delà pour que le travail sorte du champ privé et secret dans lequel on le place trop souvent et vienne en pleine lumière dans le débat public, pour éclairer les citoyens sur les enjeux qu’il recèle, politiques, sociaux et écologiques.

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Jean-François Millet ou la poésie du geste

Jean-François Millet pourrait être le Saint patron des ergonomes ou figurer sur leur blason s’ils en avaient un. Il n’est pas de peintre en effet qui ait porté autant d’attention aux gestes et aux efforts de l’homme au travail, en même temps qu’aux effets qu’ils produisent sur lui. C’est ce que les œuvres reproduites dans cet article montrent à l’envie.

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Venez emprunter un livre vivant !

C’est ce que proposent la Bibliothèque Publique d’Information du centre Beaubourg et la coopérative Dire le travail le samedi 14 avril après-midi, dans le fil de la sortie de Vous faites quoi dans la vie ?

La bibliothèque vivante vous offre un moment de partage convivial avec des personnes que vous n'auriez pas eu l'occasion de rencontrer. Pendant vingt minutes, vous pourrez emprunter un livre vivant (avocat, policier, sophrologue, photographe, agriculteur etc.) pour écouter une histoire singulière, découvrir une activité professionnelle, échanger sur le travail, poser vos questions et peut-être faire tomber quelques idées reçues sur certains métiers.

Dans une bibliothèque vivante, les livres sont des personnes qui racontent une facette de leur vie, leur expérience professionnelle, leur métier, leur engagement... Les livres vivants vous proposent leur récit, mais à l’inverse d’un livre traditionnel, vous pouvez établir un dialogue avec eux et leur poser vos questions.

Chaque livre vivant peut être emprunté pour une durée de 20 minutes.

Le catalogue des livres vivants sera présenté à l'entrée du niveau 2 du Centre Beaubourg le jour de la rencontre. Les bibliothécaires pourront vous aider à faire votre choix.

Pour vous inscrire (c’est gratuit) : cliquer ici


Vous faites quoi dans la vie ?

Le 21 mars dernier, Vous faites quoi dans la vie ?, le livre réalisé par la coopérative Dire le travail, s’est vu décerné le Prix du Meilleur ouvrage sur le monde du travail par un jury présidé par Jean Auroux, Ministre de François Mitterrand, le signataire des lois de 1982 qui ont ouvert de nouveaux droits aux travailleurs.

Vous faites quoi dans la vie - couverture

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Le métier du trader, entre virtualité et réel

Il est nombre de métiers contemporains dont l’image faillit à rendre compte, car trop de choses lui sont invisibles. La bande dessinée, elle, échappe à cette fatalité comme le montre Hedge Fund [1] à propos du travail du trédeur [2]. L’un de ses auteurs, Philippe Sabbah [3], est un praticien expérimenté de la finance. Elle va me servir de support à une réflexion sur cette activité emblématique du capitalisme contemporain.

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Des formations communes pour développer la culture du dialogue social en France

Si la loi Travail prise comme un ensemble a fait l’objet de positions syndicales divergentes, allant de l’accord à l’opposition radicale, il est un article qui lui n’a fait l’objet d’aucune contestation : l’article 33 qui incite au développement de formations communes entre employeurs et salariés ou entre leurs représentants, afin d’« améliorer les pratiques du dialogue social dans les entreprises ».

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Homme et monde, pieds et poings liés

" Nous devons assumer notre condition d’homme au lieu de chercher à nous en évader. Une complémentarité essentielle unit l’homme, sujet sensible et actif, et le monde, objet de ses perceptions et de son action. C’est folie que de vouloir trancher les liens qui nous unissent au monde, car il nous appartient et nous lui appartenons à tout instant. Qui s’y emploie lui inflige et s’inflige à lui-même une profonde blessure" [1].

C’est ainsi que Jacques Gernet, sinologue et Professeur au Collège de France, présente ce qui est au fondement des réflexions de Wang Fuzhi, penseur Chinois du XVII° siècle, sur l’homme, le monde et la vie.

A l’aube de cette nouvelle année, il m’a semblé que cette citation pouvait l’éclairer. Elle s’adresse aux sourds et aux aveugles, les transhumanistes et les climatosceptiques notamment.

Pour une illustration de cette pensée dans l’univers occidental, voir un dit moral pour faire tapisserie d’Henri Baude, poète Français du XV° siècle.

 

[1] Jacques Gernet, L’intelligence de la Chine. Le social et le mental, NRF / Editions Gallimard, 1994, p. 307


Fêter le nouvel an, une heureuse convention

C’est un rite de passage annuel dont la date est arbitraire. Nous l’avons placé le 31 décembre à minuit et les Chinois entre le 21 janvier et le 19 février selon les années. Peu importe au fond, car il possède le charme biface de tout passage, entre ce qui a été – quoiqu’il ait été – et ce qui sera. Finalement, fêter ce moment c’est s’assurer d’un gain quoiqu’il advienne ensuite du jeu : se souhaiter le meilleur avant que la vie nous livre sa réponse. Tous mes vœux pour 2018 donc à ceux qui passeront par cette page en ce début d’année, et des vœux de courage et de réussite plus particulièrement à ceux qui préparent l’Agrégation de philosophie dont le thème cette année est celui de mon bloc-notes.

Depuis 2015, je profite aussi de ce moment pour dresser un bilan public de son activité.

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Amour, jeu, vol… et travail dans la peinture indienne

J’ai visité au Musée Guimet, en début d’année, une exposition de peinture indienne intitulée « Ascètes, sultans et maharajahs ». Le travail n’y était que fort rarement représenté, mais beaucoup d’autres activités humaines en revanche l’étaient. Cela m’a donné envie de poursuivre l’exploration de l’art pictural indien – dont j’ignorais tout – et d’engager en même temps une réflexion sur la manière dont nous distinguons et classons les activités qui nous occupent.

Les œuvres indiennes relèvent d’une multitude de genres : scènes de chasse et de batailles, portraits de souverains ou de dignitaires, effigies de dieux hindous ou de bouddhas, scènes tirées de la littérature religieuse, romanesque ou poétique, représentations de la flore ou de la faune... Cela forme un riche ensemble dans lequel j’ai puisé en appliquant deux filtres successifs. J’ai d’abord créé des sous-groupes d’activités que nous ne considérons pas comme un travail, mais qui ont avec lui un air de famille. La peinture indienne étant très codifiée et de qualité très inégale, j’ai ensuite privilégié les œuvres que je trouvais plastiquement les plus charmantes ou les plus originales au regard de notre tradition picturale afin que la réflexion soit précédée du plaisir des yeux ou de l’étonnement de l’esprit.

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Le travail insensé

Le film qu’a réalisé Koki Tanaka en 2012 pour le compte du Musée national d’art moderne de Tokyo permet de prendre une mesure quasi-charnelle de ce que peut être le travail lorsqu'il est vidé de sa substance. C’est à la fois drôle et tragique.

Je me permets ici d’en diffuser un extrait de cinq minutes qui rassemblent les scènes que j’ai trouvées les plus particulièrement saisissantes.

 

Mais je vous invite à visionner l’intégralité du film que Koki Tanaka diffuse sur Viméo en même temps que d’autres de ses œuvres. Il ne dure que 13 minutes. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

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