Portrait du Covid 19 en leçon de vie sauvage

Le 28 avril dernier, le Premier Ministre, Edouard Philippe, dans sa présentation de la « stratégie nationale de déconfinement » devant le Parlement, a déclaré qu’il fallait « apprendre à vivre avec le Covid-19 et apprendre à nous en protéger ». C’était une assertion pleine de bon sens puisque nous ne disposons pas, et peut-être pour longtemps, de vaccins et de traitements de nature à juguler l’épidémie. Celle-ci joue, depuis plusieurs mois, le rôle inattendu de révélateur autant de ce que nous demeurons que de ce que nous sommes devenus. Depuis que le coronavirus est apparu en Chine puis s’est propagé à la planète entière, nous ne cessons d’apprendre, d’être à l’école de la vie, naturelle et sociale.

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Les mutations longues du travail : le cas de la médecine dans les sanctuaires d’Esculape

J'avais rédigé cet article avant que ne naissent les premiers cas de Covid 19 en Chine. Je l'avais programmé à l'époque pour qu'il paraisse ce mois-ci. Il se trouve évidemment très décalé de notre actualité confinée. Après réflexion, j'ai décidé d'en maintenir la publication, en me disant que c'était une manière de s'évader de notre quotidien par la pensée et l'occasion de méditer sur cette vaste question de la santé : comment les hommes s'y prennent pour la retrouver ?

 

La maladie est un phénomène biologique qui frappe toutes les espèces vivantes. La nôtre n’y échappe donc pas. En revanche, il est possible que, contrairement aux autres espèces, elle ait envisagé très tôt de ne pas la subir, mais de la combattre. Quelques crânes datant du néolithique ont pu ainsi être retrouvés avec des marques de trépanation [1].

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Un virus n’est pas un ennemi, mais un collègue en naturalité

« Tu ne meurs pas de ce que tu es malade ; tu meurs de ce que tu es vivant », Montaigne, Essais, III, 13

 

« Nous sommes en guerre. Pas contre une autre nation, mais contre un ennemi invisible et insaisissable » a déclaré Emmanuel Macron le lundi 16 mars, pour justifier le confinement généralisé auquel allait être soumis dès le lendemain l’ensemble de la population française.

On peut être un citoyen discipliné et se mettre en quarantaine dans les conditions prescrites par l’Etat, sans pour autant perdre sa lucidité ou son esprit critique.

Traiter le coronavirus d’« ennemi » est évidemment une métaphore. On peut d’ailleurs trouver dans l’histoire française de ce mot, de nombreux glissements de sens qui en montrent la plasticité. Il a pu ainsi désigner le diable considéré comme « l’ennemi du genre humain » ou un animal ou des agents naturels dangereux pour l’homme [1]. Associé à l’idée de « guerre », répétée plusieurs fois dans son allocution, c’est dans son sens le plus fort que chacun était invité à le comprendre, celui de « personne ou collectivité qui est vis-à-vis d'une autre un objet et/ou un agent de haine, d'actions nuisibles » [2].

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Dire le travail en temps de confinement - Appel à témoignages

Bonjour à toutes et à tous,

Je relaie ici, vers tous les internautes qui consultent mon blogue, l’appel à témoignages lancé par la coopérative DireLeTravail. Je le fais en insistant particulièrement auprès des francophones qui vivent et travaillent dans différents endroits de la planète. Cette épidémie affecte en effet progressivement l’humanité entière. Vous êtes peut-être déjà, là où vous êtes, confronté à une politique de confinement. Votre témoignage enrichirait considérablement les nôtres et serait le signe d'une sorte de solidarité internationale face à l’épreuve.

Voici cet appel :

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Peindre le travail et la reconstruction. Les Constructeurs de Fernand Léger

Dans mon bloc-notes, je publie fréquemment des analyses d’œuvres picturales vues sous le prisme du travail. Avec son aimable autorisation et celle de l'Anact, ce mois-ci, je publie celle qu’a produite Michel Parlier [1] dans le numéro 9 de La revue des conditions de travail (septembre 2019). J’avais moi-même utilisé cette œuvre, au côté d’autres, dans Le travail contre nature pour montrer les multiples facettes sous lesquelles le travail peut être regardé, compris, exprimé. Mais l’analyse de Michel est beaucoup plus fouillée que la mienne à l’époque !

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2020, une année sans faute ?

20 sur 20, c’est la meilleure note qu’on puisse obtenir. On peut donc toujours espérer, avant qu’elle n’ait commencé, que ce soit le score de cette nouvelle année. Mais comme il n’est pas sûr qu’elle soit parfaite, je souhaite à tous mes lecteurs, occasionnels ou réguliers, qu’ils y trouvent quoi qu'il leur arrive quelques niches de sérénité, de bonheur et de chaleur humaine.

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Le travail pénitentiaire

 

Fleury Merogis (9)
Fleury-Mérogis, le plus grand établissement pénitentiaire d’Europe

Grâce à Christine, une collègue de DireLeTravail, et avec elle, j’ai pu rencontrer des prévenus de Fleury-Merogis pour les faire parler du travail qu’ils réalisent au sein de la prison. Ce qui m’a le plus surpris alors, ce n’est pas tant ce qu’ils en ont dit – les travaux qu’ils y font sont classiques et ont largement leur équivalent en dehors de la prison – que les valeurs qu’ils lui accordaient. Leur témoignage dévoilait, par contraste avec ce qu’expriment couramment les travailleurs libres, combien leurs conditions particulières de vie et les modifications que l’activité de travail y introduit déterminaient leurs représentations… et leur attrait pour la chose.

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Le travail est une fiction – Illustration par l’art soviétique

Dès qu’on le précède de l’article défini, travail devient une idée qui se prête à toutes les plasticités car c’est une idée océanique. Pour lui donner un contenu, chacun peut y glisser son expérience personnelle de la chose, les témoignages de proches, les ouï dire, ses valeurs, ses fantasmes, ses convictions, ses peurs, ses espoirs… Dés qu’on la met en commun, il n’existe aucun travail qui lui ressemble.

Bien que nominaliste, je ne souhaite pas ici réactualiser la querelle des universaux [1] qui a passionné les philosophes du moyen âge. Je voudrais plus simplement montrer comment le travail peut devenir une pure idée politique, en m’appuyant sur la manière dont les artistes ont pu en faire l’éloge dans le pays qui voulait être sa patrie. Je m’appuierai pour cela sur « Rouge », la magnifique exposition organisée par le Grand Palais [2] sur l’art soviétique qui a prévalu de la révolution d’Octobre (1917) jusqu'à la mort de Staline (1953).

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