« Faire Président » sous la V° République

L’ouvrage rédigé par deux journalistes du Monde à partir des entretiens réguliers qu’ils ont eus avec François Hollande[1] a été largement et négativement commenté. Moi, je l’ai lu avec intérêt et deux questions, moins politiciennes : qu’est-ce que cela dit du travail politique, et comment peut-on en juger ? Cela m’a d’ailleurs conduit à ne pas m’inscrire dans la condamnation médiatique dont il a été l’objet. Je reviendrais sur ce point en conclusion. Mais auparavant, je me propose de suivre les traces du travail présidentiel, essaimées tout au long de l’ouvrage, et d’en chercher le sens.

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Peut-on manager pour renforcer le lien social en entreprise ?

Ce texte est une retranscription légèrement enrichie de la communication que j’ai présentée le mois dernier, lors d’une rencontre de cadres d'entreprise organisée par le club « Convictions Ressources humaines ». Le titre de cette manifestation était : « 2020, réinventer le management ». J’intervenais, dans un registre philosophique, après une table-ronde qui réunissait des praticiens d’entreprises.

Pour toute sollicitation d’intervention philosophique en entreprise, rendez vous sur le site « Penser ensemble », qui rassemble des philosophes autour d'une philosophie vivante du travail.

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Tripalium, une étymologie populaire… mais fausse

Le mot « travail » viendrait du bas-latin « tripalium », qui était le nom d’un instrument de torture constitué de trois pieux. Cette étymologie rencontre, chaque fois qu’elle est citée, un franc succès auprès de ses auditeurs. Trepalium est même devenu le titre d’une récente série française de science-fiction dans laquelle, dans une ville éponyme, la minorité qui travaille est séparée par un immense mur d’une majorité de sans-emploi.

Mais cette étymologie, communément admise, est fausse ou, à tout le moins, fort douteuse, ce que ne laisse pas supposer l’assurance avec laquelle elle est maintenant reprise [1].

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Travailler moins, est-ce vivre mieux ?

Tel était l'un des sujets de l'épreuve de philosophie du baccalauréat proposé aux classes scientifiques. Une question qui fait évidemment écho à l'actualité sociale, mais en même temps la dépasse largement.

Roger-Pol Droit, le talentueux et pédagogue chroniqueur de philosophie du journal Le Monde, s'est prêté, dans la vidéo ci-dessous, à l'exercice. 

 


Des principes essentiels du droit du travail

Robert Badinter a remis le 26 janvier dernier au Premier Ministre un rapport sur les principes fondamentaux du droit du travail. Ayant eu l’occasion dans mon Bloc-notes d’analyser un premier essai du même auteur sur ce même sujet (voir l’article Le travail et la loi), il m’est apparu naturel de poursuivre l’exercice avec cette nouvelle production. Toutefois, le contexte et la méthode utilisée pour en accoucher ont ici radicalement changé. De ce fait, le résultat s’en trouve si bonifié que la plupart des critiques que j’avais formulées précédemment sont désormais levées.

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Passer par le travail pour penser l’écologie politique

J’ai présenté en juin dernier une communication au Colloque « Penser l’écologie politique » qui était organisé par l’Université Paris VII. Je cherchais à éclairer des débats d’écologie politique à partir de quelques clarifications conceptuelles et épistémologiques sur le travail et, se faisant, à favoriser le dialogue entre ces nombreux experts du travail – que ce soit des acteurs comme les syndicalistes ou des observateurs comme les chercheurs en sciences sociales – qui ne pensent qu’à ses effets sociaux et ces écologistes qui souvent en ignorent les réalités.

La voici reproduite ci-dessous.

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La nature escamotée du travail : le cas Piketty

Après le cas Marx que j’ai publié sur mon bloc-notes en juin dernier, voici celui de Thomas Piketty. Ce qui les rassemble ici, ce n’est pas leur objet (apparemment) commun, le capital, mais la difficulté qu’il y a à s’appuyer sur leurs réflexions pour penser une économie soutenable. Pour l’un comme pour l’autre en effet, la production naturelle n’a pas lieu d’être prise en compte dans les échanges économiques, mais seulement l’activité humaine qui la recueille et la met en forme.

Mais d’abord saluons l’artiste…

Mais avant d’entrer dans la discussion, Le capital au XXI° siècle et son auteur[1] méritent un grand coup de chapeau. Voilà enfin un livre d’économie politique qui se lit comme un roman, celui de l’histoire des inégalités depuis 300 ans et de l’écart des théories économiques avec les faits. Pour atteindre ce beau résultat, le cuisinier Piketty a mélangé avec constance trois ingrédients.

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Le réchauffement climatique, cause d’une conversion écologique des nations ?

Si nous ne vivions pas, depuis 12 000 ans, dans une saison chaude de la planète, mais que nous entrions dans une de ses périodes glaciaires, est-ce que la COP 21, au lieu de chercher à diminuer la production humaine de gaz à effet de serre, pousserait les feux pour réchauffer la planète ? Ce n’est pas une des moindres ambiguïtés de la situation actuelle : l’influence de l’activité humaine sur le climat se superpose au changement climatique naturel. Il se trouve qu’elle n’en contrecarre pas l’évolution, mais au contraire l’amplifie et surtout l’accélère.

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Peut-on partager le travail sans partager les richesses ?

Lors du débat organisé à la librairie de la Fondation de la Maison des Sciences Humaines en février dernier, un participant a contesté le fait que la mécanisation ou la robotisation conduisent au chômage. J'ai souligné à cette occasion que le problème du chômage était avant tout un problème de partage des richesses. Je l'ai illustré en revenant sur les difficultés de mise en œuvre des 35 heures, dont l'objet principal était de réduire le chômage par le partage du travail. Cela m'a conduit également à mettre en question le lien qu'on établit aujourd'hui mécaniquement entre travail et salaire, en montrant que la rémunération, inséparable du travail, peut en revanche prendre d'autres formes comme le montre le travail domestique.

La séquence vidéo ci-dessous rend compte de cette discussion. Elle dure 10 minutes.

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Le travail et la loi

La rentrée sociale met au cœur du débat le Droit du travail. Je me propose d'y participer, modestement, en partant d'un texte publié en juin dernier, qui en a été un des inspirateurs : Le travail et la loi qu'ont signé ensemble Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen[1]. Ils y proposent une nouvelle approche qui mérite, par son originalité, qu’on s’y arrête et la prenne au sérieux : quelles compréhensions du travail, du droit et de l’histoire sociale de notre pays véhicule-t-elle ? 

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