Militaire ou civile, la folie nucléaire

"Les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelques fois des bandits, les peuples jamais"

Victor Hugo, 1860, condamnant le saccage du Palais d'été à Pékin par des troupes franco-anglaises

En hommage au peuple Ukrainien

 

La guerre en Ukraine éclaire violemment les zones d’ombre des thèses pro-nucléaires portées par de nombreux candidats à l’élection présidentielle en France. Ils sont en effet 8 sur 12 à vouloir son maintien ou son développement [1] ; seuls Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Philippe Poutou veulent sortir du nucléaire. Le favori des sondages, Emmanuel Macron, vient d’indiquer qu’il donnerait son accord, s’il était réélu, pour la construction d’une première tranche de six réacteurs et une mise à l’étude de huit autres.

Les arguments nucléodoules [2] peuvent être résumés ainsi : certes, l’énergie nucléaire est dangereuse, mais ce danger en France est maîtrisé ; c’est une énergie décarbonée qui est un atout dans la lutte contre le réchauffement climatique ; elle favorise l’indépendance énergétique par la diversification des sources d’approvisionnement en énergie fossile [3] qu’elle permet.

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L’émancipation des femmes, aussi une affaire d’hommes

Je profite de cette Journée internationale des droits de la femme pour exhumer un texte qui montre qu’elles n’ont pas été seules à souhaiter leur émancipation, y compris à une époque, le XIX° siècle, où leur infériorité était absolument consacrée par l’idéologie masculine et le droit. Il est l’œuvre de Léo Frankel, un ouvrier hongrois membre de la première Internationale. Installé à Paris depuis 1867, il s’engagea au service de la Commune et de son ambition révolutionnaire. Il y dirigea notamment la « Commission du travail, industrie et échange ».

Ce texte est extrait d’un article intitulé « Réponse à quelques sophismes conservateurs » qui paru le 01/01/1872 dans L’Emancipation [1].

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L’Utopie de Thomas More, aux prémices de l’idée de revenu universel ?

L’idée de revenu universel revient en France dans le débat public à l’occasion des élections du premier semestre 2022 [1]. Cinq ans auparavant, dans les mêmes circonstances, j’avais essayé de clarifier cette notion, en la distinguant de nombreuses variantes dont elle peut faire l’objet et qui en masquent la vraie nature et l’originalité (voir Le revenu universel, fossoyeur ou rédempteur du travail ?).

Beaucoup voit dans Thomas More, un humaniste Anglais du XVI° siècle, un précurseur de cette idée qu’il aurait exposée dans son œuvre la plus connue, l’Utopie [2].

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2022, une année pour préparer l’avenir ou préserver le passé ?

Le variant Omicron du Covid bat des records de diffusion planétaire. En France, il s’invite au pied de l’arbre de Noël et des fêtes du nouvel an. Autour de 200 000 contaminations par jour, il assurera une vaccination même de ceux qui s’y opposent. Aussi, mon premier vœu pour la nouvelle année fait écho à cette actualité pandémique : je souhaite à tous de la traverser sans autre tracas de santé que des choses bénignes dont on se relève avec juste un peu de patience.

Mais 2022 sera aussi en France une année électorale majeure puisque nous aurons à choisir le Président de la République et la représentation parlementaire.

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Une nouvelle année pour retrouver de la chaleur dans les rencontres humaines ? !

L’année dernière, j’avais titré mes vœux « 2020, une année sans faute ? » en soulignant que 20 sur 20 dans une scolarité, c’était la meilleure note que l’on pouvait obtenir. Le point d’interrogation laissait certes une certaine marge de manœuvre dans laquelle pouvait s’engouffrer une réalité moins glorieuse. Mais là quand même, elle a fait fort ! Comme quoi les vœux ne sont pas un exercice de divination et, aussi joyeusement qu’on les prononce, n’ont aucune prise sur l’avenir. C’est une politesse adressée à tous et une fenêtre ouverte sur l’espérance. Compte-tenu de la très mauvaise note obtenue par 2020 et de la présence toujours aussi active aujourd’hui d’une pandémie qui lui vaut ce très mauvais score, quelle fenêtre ouvrir lorsque sonneront les douze coups de minuit ?

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Vivre dans un monde dénaturé par le démiurge humain : le Covid-19, nouvelle étape d’une prise de conscience collective

Cela fait un peu plus de 200 ans que l’Europe occidentale a trouvé les clés techniques, scientifiques et idéologiques qui ouvrent la boite de Pandore du productivisme et a engagé son irrésistible développement sur la planète. Mais depuis quand avons-nous pris conscience de ses effets délétères sur la nature ?

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Portrait du Covid 19 en leçon de vie sauvage

Le 28 avril dernier, le Premier Ministre, Edouard Philippe, dans sa présentation de la « stratégie nationale de déconfinement » devant le Parlement, a déclaré qu’il fallait « apprendre à vivre avec le Covid-19 et apprendre à nous en protéger ». C’était une assertion pleine de bon sens puisque nous ne disposons pas, et peut-être pour longtemps, de vaccins et de traitements de nature à juguler l’épidémie. Celle-ci joue, depuis plusieurs mois, le rôle inattendu de révélateur autant de ce que nous demeurons que de ce que nous sommes devenus. Depuis que le coronavirus est apparu en Chine puis s’est propagé à la planète entière, nous ne cessons d’apprendre, d’être à l’école de la vie, naturelle et sociale.

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Un virus n’est pas un ennemi, mais un collègue en naturalité

« Tu ne meurs pas de ce que tu es malade ; tu meurs de ce que tu es vivant », Montaigne, Essais, III, 13

 

« Nous sommes en guerre. Pas contre une autre nation, mais contre un ennemi invisible et insaisissable » a déclaré Emmanuel Macron le lundi 16 mars, pour justifier le confinement généralisé auquel allait être soumis dès le lendemain l’ensemble de la population française.

On peut être un citoyen discipliné et se mettre en quarantaine dans les conditions prescrites par l’Etat, sans pour autant perdre sa lucidité ou son esprit critique.

Traiter le coronavirus d’« ennemi » est évidemment une métaphore. On peut d’ailleurs trouver dans l’histoire française de ce mot, de nombreux glissements de sens qui en montrent la plasticité. Il a pu ainsi désigner le diable considéré comme « l’ennemi du genre humain » ou un animal ou des agents naturels dangereux pour l’homme [1]. Associé à l’idée de « guerre », répétée plusieurs fois dans son allocution, c’est dans son sens le plus fort que chacun était invité à le comprendre, celui de « personne ou collectivité qui est vis-à-vis d'une autre un objet et/ou un agent de haine, d'actions nuisibles » [2].

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Dire le travail en temps de confinement - Appel à témoignages

Bonjour à toutes et à tous,

Je relaie ici, vers tous les internautes qui consultent mon blogue, l’appel à témoignages lancé par la coopérative DireLeTravail. Je le fais en insistant particulièrement auprès des francophones qui vivent et travaillent dans différents endroits de la planète. Cette épidémie affecte en effet progressivement l’humanité entière. Vous êtes peut-être déjà, là où vous êtes, confronté à une politique de confinement. Votre témoignage enrichirait considérablement les nôtres et serait le signe d'une sorte de solidarité internationale face à l’épreuve.

Voici cet appel :

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