L'usine pantomimée

J'ai découvert très récemment Étienne Decroux, ses recherches sur la pantomime et cette œuvre, qu'il a présentée en 1960 au Carnegie Hall à New York. Elle est sans parole, mais pleine d'observations fines et évocatrices des gestes et bruits industriels. 

 

« Dans notre art », disait-il, « le corps de l'homme est la matière, il faut que ce soit lui qui imite la pensée » (Étienne Decroux, Paroles sur le Mime, Librairie Théâtrale, 1963) . Est-ce que ce ne serait pas aussi le cas dans les usines ?

 


Le petit Paradis illustré

Voici le deuxième article de la série. Il vient agrémenter visuellement « Travailler, même au Paradis ! », que je vous conseille de lire en premier .

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Le mythe biblique de la création de l’homme et du péché originel a fait l’objet de multiples représentations picturales dans le monde chrétien. En voici quelques-unes qui montrent que dans le champ de l’esthétique aussi, les interprétations de ce texte peuvent être foisonnantes.

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Jérôme Bosch : Le Jardin des délices et du désœuvrement

Voici le troisième article de la série que j'ai consacré au travail originel, celui d’Adam et Ève dans le Jardin d’Eden. "Travailler, même au Paradis" et "Le petit Paradis illustré" le précèdent. 

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Jérôme Bosch s’est aussi, plusieurs fois, engagé dans une figuration du Paradis terrestre. Mais avec lui, cela devient un espace inquiétant, qui annonce déjà l’omniprésence du mal dans le monde.

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Produire sans travailler : les trésors de la terre

La galerie de minéralogie du Muséum d’histoire naturelle était fermée depuis 10 ans pour travaux. A l’occasion de sa réouverture partielle, elle expose ses plus belles pièces.

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Voici une belle occasion d’aller se convaincre, les yeux écarquillés par tant de beauté, que si l’homme seul travaille, il n’est pas le seul à produire. C’est même la terre qui s’y est mise la première.

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Hokusai ou le travail japonais avant Toyota

A la charnière du XVIII° et du XIX° siècle, le Japon avait des contacts réguliers avec l’Europe et pouvait intégrer ses innovations. Mais le pays dans lequel Hokusai exerçait alors son talent et qui inspirait son œuvre était indemne de tout productivisme. Le « fou de peinture » a croqué, de manière poétique ou coquasse selon son humeur, les activités quotidiennes des Japonais, sans distinguer si elles étaient contraintes ou libres. A les contempler d’ailleurs, on a l’impression qu’elles s’exerçaient au présent continu, qu’elles étaient vécu de l’intérieur dans toute leur épaisseur. C’est peut être dû au regard bienveillant et contemplatif qu’il portait sur les choses et les hommes, mais peut-être aussi parce que la guêpe qui rend aujourd’hui le travail inintéressant ou pénible, même au Japon, n’avait pas encore sorti son dard.

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Réfléchir sur le travail à partir d'une photographie de Sebastiao Salgado

Voici le deuxième et dernier extrait du Café socio que j'ai animé en novembre dernier, à partir de cinq illustrations du travail. Il s'agit cette fois-ci d'un développement sur ce que montre et cache du travail la photographie de Sebastiao Salgado, La Mattanza (la pêche au harpon d'un thon), qui sert de couverture à mon essai, Le travail contre nature.

Ce film dure 7'46.

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D'un usage politique du travail

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Intro

L’exposition de livres de photographies chinois[1], présentée lors des dernières rencontres d’Arles, a montré qu’au XX° siècle, en Extrême-Orient, le travail a souvent servi à justifier des actes et des régimes, impérialistes ou totalitaires. De ce riche ensemble, trois ouvrages méritent d’être particulièrement mis en exergue à la fois pour leur qualité esthétique et pour leur contribution possible à une réflexion philosophique sur le concept politique de travail.

Commençons par Mandchourie : la grande construction. C’est un livre de propagande édité en 1943 en 15 langues, pour le compte de l’armée japonaise, et distribué dans la « sphère de coprospérité de la Grande Asie Orientale ». Il fait l’éloge du développement de l’Etat Mandchoukouo, une création japonaise, et enseigne que la seule voie possible pour la renaissance chinoise réside dans la coopération avec le Japon et la Mandchourie.

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Le travail domestique, intime et clandestin


Après avoir côtoyé en France les impressionnistes, Carl Larsson (1859-1919) développa à son retour en Suède une œuvre personnelle, plaisante et pittoresque, qui lui valut rapidement une grande notoriété et le mit à l’abri du besoin. A partir de 1890, il trouva son principal motif d’inspiration dans sa vie familiale et rurale. Il la représenta dans de belles aquarelles qu’il publia ensuite dans des livres illustrés qui connurent un grand succès en Europe du Nord. Elles forment une sorte de reportage qui, en rendant public ce qui est habituellement caché, offre un matériau riche pour conduire une méditation rêveuse et instructive sur le travail domestique. Commençons par cette première galerie d’images :

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