Jusques à quand abuseras-tu de notre patience, Sainte Croissance ?

L'économiste américain Kenneth Ewart Boulding (1910 - 1993) déclarait : « Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ».

Serions-nous tous devenus économistes ?

L'écologie pendant la campagne présidentielle a été fièrement défendue par au moins deux candidats, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Leurs propositions sont rejetées par leurs opposants, au nom du réalisme. Mais quand le réel n'est plus raisonnable - et chacun sur ce plan est à même d'en juger -, c'est s'y référer qui devrait être déclassé. 

Au XXI° siècle, l'utopie est du côté de la raison car elle pense les conditions d'un nouvel équilibre politique, social et écologique pour notre monde, et c'est le sérieux gestionnaire qui ne l'est pas car il s'appuie sur des règles du jeu économiques à bout de souffle, qui ne font qu’accroître les inégalités et amplifier les désordres écologiques.

Mais la raison trouvera-t-elle la place qu'elle mérite dans cette élection présidentielle ?


Taxer les robots pour valoriser le travail ?

La campagne présidentielle française peut paraître décevante car elle a été envahie par le feuilleton des affaires de deux candidats, de droite et d’extrême-droite. Mais en tendant l’oreille pour passer au-dessus de ce brouhaha, il est aisé de percevoir qu’y sont présentées plus de propositions nouvelles que lors des précédentes campagnes. Bien qu’étant déjà la quatrième à se dérouler au XXI° siècle, elle est la première à vraiment lui appartenir. On le doit, pour beaucoup, à Benoit Hamon.

Parmi ses propositions, il en est deux qui posent en nouveaux termes la question du travail, de l’emploi et de leur avenir : le revenu universel d’existence et la contribution sociale sur les robots. Après avoir publié un article sur le premier sujet (voir « le revenu universel, fossoyeur ou rédempteur du travail ? »), en voici donc un autre, sur le deuxième.

Pour l'éclairer, je vous propose d’écouter les échanges très intéressants qui ont eu lieu entre des intellectuels et de simples militants autour du thème : « Transférer les richesses des robots vers l'homme ». Ils montrent qu’il est possible d’organiser des espaces de discussion publique qui ne soient pas dans l’obéissance et le dogme, mais ouverts à la réflexion et à la pensée critique.

Pour que ce débat soit pleinement compréhensible, il faut rappeler la proposition de Benoit Hamon qui en est l’arrière-fond : « Pour répondre aux mutations du travail, création d’une contribution sociale sur les robots. Elle alimentera un Fonds de Transition Travail, dont la mission sera de créer autant d’emplois nouveaux que ceux qui disparaîtront, et de financer la formation des salariés à ces nouveaux métiers. Les entreprises dont la robotisation s’accompagne d’une augmentation des effectifs seront dispensées de cette contribution ».

 

Ces échanges ont eu lieu dans le cadre du premier « Forum des Idées », organisé le 2 mars dernier, au siège de campagne de Benoit Hamon.


Le revenu universel, fossoyeur ou rédempteur du travail ?

L’idée de revenu universel s’invite à l’élection présidentielle française. Une partie de la gauche, mais aussi de la droite, la promeut pendant que dans chaque camp, d’autres la réprouvent. Le Sénat lui-même s’est mis de la partie en proposant en novembre dernier l’expérimentation à grande échelle d’un « revenu de base » [1]. Elle est également mise en discussion, ou l’a été, dans d’autres pays : en Europe (Finlande, Pays-Bas, Suisse) ou en Amérique (Brésil, Canada, États-Unis) notamment. C’est donc une idée polymorphe qui semble pouvoir servir des objectifs politiques, économiques ou sociaux différents, voire opposés.

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Méthode pour que s'évanouisse le mirage de la valeur économique

Seriez-vous prêt à envahir une Nation pour vous approprier un gisement d'huîtres endémiques à laquelle elle a seule accès ?

Non ? Alors vous n’êtes pas l'Inca Tupac Yupanqui et vous ne connaissez ni le Spondyle, ni les Chimús. Je vous les présente donc.

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Travailler, même au Paradis

Cet article est le premier d'une série de trois. « Le petit Paradis illustré » et « Jérôme Bosch : Le Jardin des délices et du désœuvrement » sont les deux autres.

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Les chapitres 2 et 3 de la Genèse racontent la création de l’homme et de la femme, la faute initiale et ses conséquences. Mais on peut aussi en extraire les premières conceptions anthropologiques formulées sur le travail. C’est cet exercice que j’ai réalisé, en partant du texte hébreu et de sa traduction grecque et en m’appuyant sur les interprétations de ces versets par la tradition juive [1]. Cela m’a conduit à formuler quelques hypothèses mécréantes que je livre ici à la discussion.

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Le petit Paradis illustré

Voici le deuxième article de la série. Il vient agrémenter visuellement « Travailler, même au Paradis ! », que je vous conseille de lire en premier .

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Le mythe biblique de la création de l’homme et du péché originel a fait l’objet de multiples représentations picturales dans le monde chrétien. En voici quelques-unes qui montrent que dans le champ de l’esthétique aussi, les interprétations de ce texte peuvent être foisonnantes.

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Jérôme Bosch : Le Jardin des délices et du désœuvrement

Voici le troisième article de la série que j'ai consacré au travail originel, celui d’Adam et Ève dans le Jardin d’Eden. "Travailler, même au Paradis" et "Le petit Paradis illustré" le précèdent. 

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Jérôme Bosch s’est aussi, plusieurs fois, engagé dans une figuration du Paradis terrestre. Mais avec lui, cela devient un espace inquiétant, qui annonce déjà l’omniprésence du mal dans le monde.

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Des vœux de joie et de paix pour 2017

Il est loisible de peupler la virginité d’une nouvelle année de tous les espoirs. Les mauvaises nouvelles n’ont pas besoin d’être souhaitées, elles arrivent toutes seules sans qu’on ne leur demande rien. Mais les bonnes, si : ça les aide à venir.

Je souhaite une belle année 2017 aux abonnés de mon bloc-notes et à ses visiteurs d’un jour : qu’elle vous apporte de la joie en suffisance et la sérénité, et nous conserve la paix extérieure.

Une année qui commence, c’est en même temps une autre qui se termine. C’est donc aussi le temps des bilans.

Celui de mon site est rendu possible par les biscuits américains (cookies) installés dans les navigateurs et les marques de pistage laissées sur ses pages. Ils me permettent ainsi de savoir que la fréquentation de mon blogue s’est accrue en 2016 : 2300 visiteurs différents l’ont consulté, lors de 3400 visites, soit une dizaine de sessions par jour environ. C’est évidemment très modeste en nombre, mais cela correspond à une croissance de 40 % comparée à l’année précédente.

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De la productivité du travail et de certaines de ses conséquences…

Lors du Congrès 2016 du RIODD, j’ai présenté une communication dont l’objectif était de montrer l’intérêt, dans une perspective écologique, de rompre avec la notion de croissance économique pour privilégier une approche de la productivité matérielle du travail.

Je la reproduis ici dans la version raccourcie que j’en ai faite oralement.

Elle est constituée de deux parties. La première est consacrée à la critique du critère économique de croissance, la deuxième à une proposition substitutive.

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« Faire Président » sous la V° République

L’ouvrage rédigé par deux journalistes du Monde à partir des entretiens réguliers qu’ils ont eus avec François Hollande[1] a été largement et négativement commenté. Moi, je l’ai lu avec intérêt et deux questions, moins politiciennes : qu’est-ce que cela dit du travail politique, et comment peut-on en juger ? Cela m’a d’ailleurs conduit à ne pas m’inscrire dans la condamnation médiatique dont il a été l’objet. Je reviendrais sur ce point en conclusion. Mais auparavant, je me propose de suivre les traces du travail présidentiel, essaimées tout au long de l’ouvrage, et d’en chercher le sens.

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